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Pourquoi vous êtes la personne la moins bien placée pour analyser votre propre problème

Par Quentin Tousart

Fondamentaux Arborescence effectuale
Pourquoi vous êtes la personne la moins bien placée pour analyser votre propre problème

Il y a une phrase de Dominique Vian qui surprend toujours quand on l’entend pour la première fois :

« La personne qui porte le problème est la moins bien placée pour l’analyser. »

C’est contre-intuitif. On a tendance à penser que celui qui vit la situation la connaît mieux que quiconque. C’est vrai pour les faits — et c’est précisément là que ça coince.

Le problème, c’est l’implication

Quand un problème est le vôtre, vous êtes dedans. Il vous touche, vous inquiète, parfois vous épuise. Cet affect n’est pas neutre : il filtre ce que vous voyez. Il vous fait surévaluer certaines branches, en ignorer d’autres, et surtout glisser une solution toute faite dans la manière même dont vous posez la question.

Ce n’est pas un défaut de volonté ni d’intelligence. C’est un fait cognitif. Le porteur d’un problème a, par construction, l’angle le plus étroit sur ce problème.

L’intersubjectivité comme moteur de clarté

La réponse des méthodes effectuales n’est pas de réfléchir « plus fort » tout seul. C’est de confronter sa lecture à celle des autres. On appelle ça l’intersubjectivité, et c’est au cœur de la démarche.

Concrètement : vous formulez votre situation, et d’autres vous renvoient les effets qu’ils y voient — des effets que, vous, vous ne voyiez pas. Non parce qu’ils sont plus malins, mais parce qu’ils ne sont pas pris dans l’affect. Ils regardent du dehors.

Dominique Vian le résume sans détour : « L’intersubjectivité est au cœur — et vraiment, ça amène une clarté qui est extraordinaire. »

Ce n’est pas du brainstorming

Attention au malentendu. Il ne s’agit pas de demander leur avis à des gens, ni de collectionner des opinions. Il s’agit d’un protocole : on reformule la situation de façon neutre, on fait émerger les effets à plusieurs, on les relie. Le collectif ne remplace pas votre jugement — il élargit votre champ de vision avant que vous ne décidiez.

La conséquence pratique

Si le porteur du problème est mal placé pour l’analyser, alors travailler seul sur ses sujets les plus importants est une stratégie perdante. Non pas de temps en temps : structurellement.

C’est exactement pourquoi les méthodes effectuales se pratiquent en collectif. Pas pour la convivialité — pour la lucidité. C’est aussi la raison d’être du mastermind : un groupe de pairs qui, à tour de rôle, vous offrent l’angle que vous ne pouvez pas avoir sur vous-même.


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